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Sesquiterpène : définition et propriétés

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En bref

Les sesquiterpènes sont des molécules aromatiques fascinantes de formule C15H24 présentes dans les huiles essentielles.

  • Structure chimique : composés de trois unités isoprène formant 15 atomes de carbone, avec plus de 300 squelettes distincts identifiés et des propriétés variables selon leur cyclisation
  • Propriétés physiques : masses moléculaires de 204 à 222 g/mol, volatilité faible conférant des notes boisées, terreuses et épicées persistantes
  • Rôles biologiques : défense naturelle des plantes, propriétés antivirales, antibiotiques, antifongiques et antitumorales remarquables
  • Applications : cosmétiques, aromatisants alimentaires, soins personnels avec une innocuité validée à concentrations appropriées

Derrière chaque huile capitale dont je raffole, se cachent des molécules fascinantes. Les sesquiterpènes sont des composés aromatiques de formule moléculaire C15H24, formés de trois unités isoprène, appartenant à la grande famille des terpènes. Présents dans les essences végétales, les champignons aquatiques et certains organismes marins, ils exercent des rôles biologiques remarquables. Leur nom vient du latin sesqui, signifiant « une fois et demie en plus » : les sesquiterpènes contiennent 15 atomes de carbone, contre 10 pour les monoterpènes.

Définition et structure chimique des sesquiterpènes

Formation et biosynthèse

Un sesquiterpène se construit à partir de trois unités isoprène, assemblées pour former une chaîne carbonée de 15 atomes. La biosynthèse démarre avec le farnésyl pyrophosphate (FPP), précurseur clé. Les synthases sesquiterpéniques catalysent ensuite la conversion du FPP en une large variété de terpénoïdes C15, nécessitant l’ion métallique Mg2+ comme cofacteur, avec une activité optimale entre 0,01 et 100 mM.

Plus de 300 squelettes carbonés sesquiterpéniques distincts ont été identifiés à ce jour, et des milliers de dérivés naturels ont été isolés depuis des sources marines, terrestres et microbiennes.

Cyclisation et diversité structurale

La cyclisation des sesquiterpènes peut intervenir au niveau de la double liaison proximale C-6/C-7 ou distale C-10/C-11. La liaison distale génère une structure macrocyclique. La cyclisation proximale, elle, exige que la synthase catalyse d’abord l’isomérisation du FPP en son isomère allylique, le nérolidyl diphosphate (NPP). Cette flexibilité crée une diversité moléculaire impressionnante.

Les sesquiterpénoïdes représentent les dérivés obtenus par oxydation ou réarrangement biologique. Le capsidiol, sesquiterpénoïde bicyclique de type érémophilane, illustre parfaitement cette complexité : il possède cinq centres chiraux et trois substituants distincts disposés autour de son échafaudage bicyclique.

Sesquiterpènes hétérocycliques

Les sesquiterpènes hétérocycliques forment une grande classe avec plus de 500 représentants naturels. Ils englobent des terpénoïdes dérivés de systèmes comme le cadinane, l’érémophilane, le drimane ou la furodysine. Par rapport aux formes carbocycliques, ces structures hétérocycliques présentent souvent des activités biologiques distinctes, notamment anti-infectieuses et cytotoxiques.

Propriétés physiques et aromatiques des sesquiterpènes

Caractéristiques physiques mesurables

Les sesquiterpènes présentent des masses moléculaires comprises entre 204 et 222 g/mol selon le composé. Leurs pressions de vapeur varient entre 1,26 et 4,41 Pa, et leur solubilité dans l’eau reste très faible, allant de 1,12 × 10⁻¹ mg/L à 754 mg/L selon la structure. Malgré cette basse pression de vapeur, ces liquides volatils sont bien considérés comme appartenant aux composés volatils.

Propriétés physiques des sesquiterpènes
Propriété Valeur
Masse moléculaire 204 à 222 g/mol
Pression de vapeur 1,26 à 4,41 Pa
Solubilité dans l’eau 1,12 × 10⁻¹ à 754 mg/L
Formule brute C15H24

Profil aromatique et volatilité

Passionnée par les arômes profonds qui persistent longtemps sur la peau, je reconnais toujours les sesquiterpènes à leur signature tenace. Leur volatilité plus faible que celle des monoterpènes leur confère des notes boisées, terreuses ou épicées, bien loin des effluves citronnés et résineuses vives des monoterpènes.

Pour identifier la présence de sesquiterpènes dans un profil aromatique, il faut observer les nuances persistantes qui s’imposent après les premières notes. Les analyses de laboratoire permettent d’identifier précisément chaque sesquiterpène présent dans un échantillon. C’est une démarche que je conseille vivement avant de composer une synergie d’huiles essentielles.

Distribution dans la nature et sources des sesquiterpènes

Origines et présence dans les organismes vivants

Les sesquiterpènes constituent des métabolites secondaires largement répandus, synthétisés par des plantes, des champignons aquatiques microscopiques vivant dans des éponges marines, et d’autres organismes terrestres. On les retrouve dans de nombreuses huiles essentielles et dans certains aliments courants.

Le calamondin (Citrus microcarpa) figure parmi les plantes les plus riches en hydrocarbures sesquiterpéniques. Parmi les composés identifiés, on trouve :

  • Le farnésène et le farnésol
  • L’humulène et le caryophyllène
  • Le zingibérène et le cadinène
  • Le patchoulol et le viridiflorol
  • Le copaène, le cubébol et le polygodial

Sesquiterpènes dans le cannabis

Dans le cannabis, ces composés sont synthétisés par les trichomes, les petites glandes résineuses qui tapissent la fleur. Le valencène et le lédène font partie des composés mineurs du cannabis. Le valencène, associé à l’orange Valencia qui lui a donné son nom, apporte des nuances fruitées et légèrement citronnées. Le lédène, lui, évoque le romarin sauvage avec des notes boisées et balsamiques.

Pris isolément, leur concentration reste faible. Leur action combinée affine pourtant la signature olfactive globale et apporte une vraie profondeur au bouquet aromatique. Un même terpène majeur se perçoit différemment selon les sesquiterpènes qui l’accompagnent.

Rôles biologiques et activités des sesquiterpènes

Défense naturelle des plantes

Chez les plantes, les sesquiterpènes exercent une défense naturelle contre les pathogènes. Ils agissent comme phytoalexines, composés antibiotiques produits en réponse à l’apparition de microbes, mais aussi comme inhibiteurs alimentaires pour décourager les herbivores opportunistes. L’acide abscissique, hormone végétale régulatrice, est structurellement un sesquiterpène.

Propriétés biologiques et bioactivité

Nombre de sesquiterpènes et sesquiterpénoïdes sont dotés d’une bioactivité remarquable. Leurs propriétés biologiques couvrent un spectre large :

  • Propriétés antivirales, antibiotiques et antifongiques
  • Activités antitumorales et cytotoxiques
  • Effets immunosuppresseurs et antiparasitaires

Des sesquiterpènes extraits des rhizomes de Curcuma wenyujin ont démontré une efficacité antivirale contre la grippe A/H1N1, avec des valeurs IC50 de 9,2, 6,8 et 12,8 μM pour certains composés spécifiques. Les artémisinines, famille de sesquiterpènes incluant l’artéméther et l’artésunate, produisent une réduction fractionnée de la biomasse parasitaire d’environ 10⁴ par cycle asexué, ce qui en fait les antipaludiques les plus actifs disponibles.

Côté coumarines sesquiterpéniques, environ 181 représentants ont été signalés sur 35 ans, dont 135 identifiés depuis le genre Ferula. Ces molécules présentent des activités anti-inflammatoires, antibactériennes et antitumorales documentées. Attention : certaines lactones sesquiterpéniques peuvent se révéler génotoxiques ou embryotoxiques, ce qui impose une vigilance lors de leur usage.

Utilisations et applications des sesquiterpènes

Applications dans les soins personnels et l’alimentation

J’aime retrouver ces molécules dans mes lotions et produits de soin quotidiens. Les sesquiterpènes entrent dans la composition de nombreux produits cosmétiques : lotions pour le corps, soins capillaires, produits oraux, parfums. Ils servent aussi d’aromatisants alimentaires et se retrouvent dans les assainisseurs d’air et produits de nettoyage.

Selon Santé Canada, l’essence de clou de girofle est utilisée dans plus de 600 produits cosmétiques déclarés, à une concentration inférieure ou égale à 3 % pour 94 % d’entre eux. L’essence de santal entre dans plus de 650 produits, à une concentration de 3 % ou moins pour 90 % des références. Le guaiazulène, lui, figure dans plus de 90 cosmétiques, à moins de 0,1 % pour 70 % de ces produits.

Le JECFA (Comité mixte d’experts de la FAO et de l’OMS) et l’EFSA (Autorité européenne de sécurité alimentaire) ont tous deux évalué plusieurs sesquiterpènes employés comme aromatisants. Leur conclusion : ces substances ne présentent pas de préoccupation en matière d’innocuité aux niveaux d’absorption estimés.

Préoccupations sanitaires et persistance environnementale

Pour le bêta-caryophyllène, une DSENO de 222 mg/kg de poids corporel par jour a été établie pour toutes les voies d’exposition. Cette dose sans effet observable repose sur des changements observés au niveau du système lymphatique, du foie et des ganglions lymphatiques chez les rats. Ces données guident les évaluations d’exposition systémique.

La persistance environnementale de certains sesquiterpènes mérite attention. Des composés comme le caryophyllène, le guaiène ou le valencène peuvent se bioaccumuler significativement dans les organismes. D’autres, comme le pin maritime dont l’huile essentielle contient des terpènes, présentent des profils de persistance différents selon leur structure moléculaire. Ces données doivent orienter les concentrations utilisées dans les formulations industrielles.

Sources de référence : wiki aromathérapie, wiki huiles essentielles

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