En bref
L’huile essentielle de myrte vert, extraite du Myrtus communis, allie richesse millénaire méditerranéenne et propriétés thérapeutiques polyvalentes.
- Composition : dominée par l’alpha-pinène (45-68 %) et le 1,8-cinéole (12-30 %), riche en composants antioxydants et anti-infectieux
- Vertus respiratoires : anticatarrhale, expectorante et mucolytique, particulièrement adaptée aux sujets sensibles
- Affinité thyroïdienne : stimulante hormonale, hépatoprotectrice et régulatrice de la circulation
- Cosmétique : tonique astringente pour peaux matures, ridées et acnéiques
- Précautions : dilution obligatoire, interdite chez les femmes enceintes et en cas de suractivité thyroïdienne
Surnommé « Prince du Maquis » et « l’arbrisseau des Poètes », le myrte occupe une place singulière dans l’histoire méditerranéenne. Consacré à la déesse Vénus, symbole d’amour et de gloire, on en tressait autrefois des couronnes pour les héros et les épousées. Ses rameaux parfumaient les cérémonies, et les anciens distillaient ses fleurs pour obtenir une eau florale renommée, surnommée « eau d’ange ». L’huile essentielle de myrte verte, extraite par distillation à la vapeur d’eau des feuilles et rameaux du Myrtus communis, concentre aujourd’hui ces vertus millénaires dans un flacon. Cet article examine sa composition, ses propriétés thérapeutiques, ses usages concrets et ses précautions essentielles. Ces informations ne remplacent en aucun cas un avis médical.
La plante de myrte verte et sa composition biochimique
Portrait botanique d’un arbrisseau méditerranéen
Le myrte vert, Myrtus communis L., appartient à la famille des Myrtacées. Cet arbrisseau au feuillage persistant vert foncé mesure entre 1 et 5 mètres de hauteur. Originaire du bassin méditerranéen, il colonise volontiers les garrigues et le maquis corse, où les habitants l’appellent affectueusement « A Murta ». On le connaît aussi sous les noms de myrte commun ou herbe du Lagui.
Les principales origines géographiques sont la Corse, la Sardaigne, le Maroc, la Tunisie et la France métropolitaine. La récolte s’effectue au printemps et en automne, parfois deux fois dans l’année, tandis que la floraison s’étale de juin à octobre. Ce sont les feuilles, les rameaux feuillés et les jeunes branches qui partent en distillation.
Caractéristiques organoleptiques et physiques
Le résultat de cette distillation est un liquide mobile limpide, de couleur jaune pâle à vert pâle ou jaune orangé. Son odeur, agreste et cinéolée, frappe par sa fraîcheur presque mentholée, à la fois herbacée, boisée et légèrement camphrée. J’adore ouvrir un flacon de myrte le matin : cette senteur végétale vivifiante me rappelle immédiatement les sous-bois corses.
Sur le plan physique, la densité à 20°C se situe entre 0,870 et 0,895, l’indice de réfraction entre 1,460 et 1,472, le pouvoir rotatoire entre 12 et 45, et le point éclair entre 36 et 45°C.
Composition biochimique et certifications qualité
Les composants biochimiques principaux de l’huile vitale de myrte vert se répartissent ainsi :
- L’alpha-pinène, composant majoritaire, représente entre 45 et 68 % de la composition totale.
- Le 1,8-cinéole (eucalyptol) arrive en deuxième position, avec 12 à 30 %.
- Le limonène peut atteindre 9 %, le linalol jusqu’à 3 %, complétés par l’alpha-terpinéol, le bêta-caryophyllène et l’acétate de géranyle.
Parmi les composants allergènes potentiels, on retient le limonène, le linalol, le géraniol, le citronellol, l’eugénol, l’alcool benzylique, les citrals et l’alpha-pinène. Sur le plan de la qualité, recherchez une huile pure naturelle, certifiée bio par Ecocert (FR-BIO-01) ou Certisys-BE1, chémotypée et récoltée selon la Charte de la cueillette des PPAM de Corse, qui garantit une démarche durable et éthique.
Propriétés thérapeutiques de l’huile essentielle de myrte verte
Une alliée respiratoire douce et efficace
Pierre Franchomme, dans son ouvrage de référence « L’aromathérapie exactement », et Michel Faucon dans « Initiation à l’aromathérapie scientifique et médicale » soulignent tous deux les propriétés respiratoires remarquables de cette plante. Anticatarrhale, expectorante, balsamique, mucolytique et antitussive, elle aide à dégager les voies respiratoires encombrées. Son caractère antispasmodique léger et anti-infectieuse intégrale ce tableau.
Comparée à l’Eucalyptus Globulus, plus puissant mais aussi plus agressif, l’huile essentielle de myrte vert se démarque grâce à sa douceur. Cette qualité la rend particulièrement adaptée aux sujets sensibles, même si l’Eucalyptus Radiata reste supérieur pour traiter une rhinite franche ou une toux grasse sévère.
Sphère hormonale, hépatique et circulatoire
L’aromathérapie reconnaît au myrte une affinité particulière avec la thyroïde. Hépatoprotectrice et stimulante hépatocytaire, l’huile agit aussi comme stimulante thyroïdienne et hormon-like sur la thyroïde et les ovaires. Dominique Baudoux, auteur de « L’aromathérapie », a d’ailleurs formalisé une synergie spécifique pour l’hypothyroïdie.
Sur le plan circulatoire, ses propriétés décongestionnantes veineuses, lymphatiques et prostatiques s’avèrent précieuses. Son action anti-inflammatoire articulaire, antibactérienne et antivirale complète un profil thérapeutique particulièrement polyvalent.
Propriétés nerveuses, émotionnelles et cutanées
L’olfaction du myrte induit un large calme intérieur. Relaxante, calmante et inductrice de sommeil, cette huile tempère les émotions trop fortes. Lydia Bosson, dans « L’aromathérapie énergétique », décrit cette dimension apaisante et purifiante avec précision.
Côté peau, les travaux d’Aleksic & Knezevic (2014) sur l’activité antimicrobienne et antioxydante du Myrtus communis, ainsi que ceux de Mimica-Dukić et al. (2010) sur ses propriétés antimutagènes, confirment son intérêt en soin cutané. Tonique et astringente, elle nettoie, raffermit et protège.
Indications et utilisations de l’huile essentielle de myrte verte
Sphère respiratoire et infections ORL
La bronchite, la sinusite, la rhinite, la rhinopharyngite, le rhume, l’angine, l’otite, l’extinction de voix, le catarrhe, la toux sèche chronique du fumeur et l’asthme figurent parmi les principales indications. Pour l’asthme et la mucoviscidose, un avis médical reste obligatoire avant tout usage thérapeutique. J’utilise personnellement le myrte dès les premiers signes de congestion nasale : son action sur la toux et l’encombrement est express et perceptible.
Pour mieux sélectionner votre allié respiratoire, voici un comparatif express :
- Bronchite franche : l’Eucalyptus Globulus reste plus puissant.
- Rhinite, sinusite et toux grasse : l’Eucalyptus Radiata est supérieur.
- Toux sèche : le Cyprès de Provence l’emporte.
- Angine : le Tea Tree est préférable.
- Sujets sensibles, enfants de plus de 3 ans, atmosphère apaisante : le myrte vert est idéal.
Thyroïde, circulation et sphère génito-urinaire
L’hypothyroïdie et les dérèglements thyroïdiens constituent une indication phare du myrte vert. Attention : son usage est déconseillé en cas de suractivité thyroïdienne. L’aménorrhée et les troubles du cycle féminin entrent également dans son champ d’action. Pour composer une synergie efficace contre l’hypothyroïdie, Dominique Baudoux recommande une association myrte vert (2 gouttes) et giroflier (1 goutte) sur un quart de morceau de sucre, trois fois par jour avant les repas.
Les troubles circulatoires comme les hémorroïdes, varices et stases veineuses répondent bien à cette huile. La prostatite inflammatoire, l’adénome prostatique, la cystite, l’urétrite et les infections urinaires non colibacillaires complètent ce tableau. Sur le plan digestif et hépatique, les diarrhées, indigestions, entérites, hépatites et fatigues hépatiques constituent aussi des indications reconnues.
Peau et comportement
Le psoriasis, l’acné, les peaux irritées, dévitalisées, ridées, matures, grasses, les vergetures et les cils et sourcils déficients répondent aux propriétés toniques et astringentes du myrte. Une indication moins connue mérite attention : l’aide à l’abandon du tabac, soutenue par la dimension énergétique et purifiante de cette plante.
Bienfaits cosmétiques et bien-être de l’huile essentielle de myrte verte
Un tonique cutané antioxydant de premier plan
Tonique cutanée riche en antioxydants, l’huile vitale de myrte vert est particulièrement indiquée pour les peaux relâchées, dévitalisées et matures. Elle raffermit la peau, resserre les pores, consolide les gerçures, colmate les petites blessures et contracte les petits vaisseaux sanguins. Pour les rides, une goutte diluée dans quatre gouttes d’huile végétale, massée sur le visage, ou intégrée dans une noisette de crème antirides, renforce l’action astringente. Le Géranium Rosat reste plus efficace sur ce terrain, mais le myrte offre une alternative douce et polyvalente.
Pour les soins de la peau en synergie, l’hélichryse italienne et le ciste ladanifère s’associent naturellement au myrte vert. Les peaux grasses ou acnéiques peuvent par contre préférer le Petit Grain Bigarade, plus ciblé sur ce type de problématique.
Dimension bien-être, sommeil et purification atmosphérique
L’olfaction du myrte procure une sensation d’apaisement profond et tempère les émotions fortes. Préparateur du sommeil naturel, il accompagne ceux qui souffrent d’insomnie, plus doucement que la Camomille Romaine mais avec une efficacité réelle sur l’endormissement. Quelques respirations au-dessus du flacon avant de se coucher, et le calme s’installe.
En diffusion atmosphérique, le myrte assainit et purifie l’air ambiant. Associé au citron et au pin laricio, il crée une atmosphère à la fois vivifiante et apaisante. Cette synergie me sert régulièrement en hiver pour purifier mon intérieur et soutenir mes défenses respiratoires. Pour l’assainissement de l’air, le Pamplemousse reste plus efficace, mais le myrte apporte une touche boisée et méditerranéenne incomparable. À noter : ses propriétés énergétiques soutiennent aussi l’arrêt du tabac, selon Lydia Bosson dans « L’aromathérapie énergétique ».
Comment utiliser l’huile essentielle de myrte verte
Voie cutanée et dilution indispensable
La voie cutanée constitue la voie de prédilection. L’huile essentielle de myrte vert est dermocaustique à l’état pur : elle doit impérativement être diluée dans une huile végétale, à raison de 20 à 30 % d’huile essentielle pour 70 à 80 % d’huile végétale. Pour la bronchite et la toux grasse, une goutte dans quatre gouttes d’huile végétale s’applique sur le thorax quatre fois par jour pendant 5 à 7 jours. Pour la rhinopharyngite ou le rhume, on applique ce même mélange sur le dos, la colonne vertébrale et les plantes de pieds. Pour les infections urinaires et prostatiques, le massage cible le ventre et le bas du dos.
Une synergie plus complète pour la bronchite, selon les références de l’aromathérapie scientifique, associe 30 gouttes de myrte vert, 30 gouttes d’Eucalyptus Radiata, 5 gouttes de thym à feuilles de sarriette, 10 gouttes de poivre noir et 7,5 ml d’huile végétale de nigelle, à appliquer sur le thorax et le haut du dos, quatre fois par jour pendant 10 jours. Pour approfondir cet angle, consultez ce guide sur l’huile essentielle de pin maritime, une autre résineuse aux propriétés respiratoires complémentaires.
Diffusion, inhalation et voie orale
La diffusion atmosphérique assainit l’air et crée un contexte apaisant, parfait le soir. L’inhalation s’effectue en respirant directement au-dessus du flacon ou en déposant deux gouttes sur un mouchoir, notamment avant le coucher pour préparer le sommeil. Les bains sont aussi possibles, à condition de disperser l’huile dans un émulsifiant avant de l’ajouter à l’eau.
La voie orale reste réservée aux adultes à partir de 12 ans, sous indication précise. Pour l’hypothyroïdie : une goutte sur un quart de morceau de sucre ou dans une cuillère à café d’huile d’olive, trois fois par jour avant les repas, pendant 3 semaines consécutives, suivies d’une semaine de pause. Pour la rhinite ou sinusite : deux gouttes sur un comprimé neutre, trois fois par jour.
Précautions d’emploi de l’huile primordiale de myrte verte
Populations à risque et contre-indications
Ces informations ne se substituent en aucun cas à un avis médical. L’utilisation est interdite chez les femmes enceintes, spécialement durant les 3 premiers mois de grossesse et tout le reste de la grossesse, sauf en diffusion. Les femmes allaitantes doivent également s’abstenir. Les bébés de moins de 3 ans ne peuvent bénéficier que de la diffusion et de l’inhalation indirecte. Les enfants de moins de 6 ans nécessitent des recommandations spécifiques.
L’huile est déconseillée en cas de pathologie hormono-dépendante et de suractivité thyroïdienne, compte tenu de son affinité marquée avec la sphère thyroïdienne. Les personnes épileptiques et asthmatiques doivent impérativement consulter un médecin avant tout usage thérapeutique.
Dilution, allergènes et conservation
Toujours diluer avant application cutanée. Pour tester la tolérance, diluez une goutte dans un peu d’huile végétale, appliquez au creux du coude et attendez 24 à 48 heures avant utilisation complète. Les composants allergènes à surveiller sont le limonène, le linalol, le géraniol, le citronellol, l’eugénol, l’alcool benzylique, les citrals et l’alpha-pinène.
Une néphrotoxicité potentielle existe en cas d’ingestion à forte dose sur longue durée. La voie orale reste réservée aux adultes à partir de 12 ans, sous prescription. Les flacons de 5 ml et 10 ml, disponibles entre 9,80 € et 19,40 € TTC, se conservent à l’abri de la chaleur, de la lumière et de l’air. Tenez-les toujours hors de portée des enfants.
Sources de référence : wiki aromathérapie et wiki huiles essentielles.